Cette architecte, qui depuis vingt ans travaille sur l’architecture environnementale, a rendu un rapport sur le développement durable dans la construction, à la demande du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable. Très concernée par l’engagement social de son métier d’architecte, elle n’hésite pas à mettre en pratique son discours sans concession, si ce n’est à une meilleure cohabitation entre l’homme ou la femme, la ville et la nature.
A travers deux exemples de ses réalisations à venir, elle montre que (presque) tout est possible.
Immeuble à Saint Pierre de Corps de 45 logements :
- Des façades en bois et pierres
- L’eau de pluie récupérée
- Des vues très larges dans chaque appartement
- Une construction prenant en compte les contraintes climatiques
- Des façades habitées par de grandes ouvertures et des appartements traversant.
Ce projet est bien sûr BBC (Bâtiment Basse Consommation).

Réhabilitation de la Halle Pajol, Paris 18ème
Ce projet multiple est la rénovation et la transformation de cette halle du 19ème siècle, bâtiment industriel typique de cette époque, en un vaste complexe composé d’une auberge de jeunesse, d’activités, d’une bibliothèque et d’un jardin. Il fallait allier l’ancien bâtiment avec les nouveaux « arrivants » :
1. La Halle. Elle est l’enveloppe protectrice du bâtiment. Elle affirme ainsi sa renaissance. La charpente de la Halle, débarrassée de ses surcharges et libérée de toute nouvelle contrainte et de la réponse à des réglementations actuelles retrouve ainsi son caractère d’abri, aux structures légères, mise en valeur par contraste avec les volumes purs en bois qu’elle protège.
2. Les bâtiments. En contraste avec la halle, ce sont des volumes très purs, parallélépipèdiques, construits en bois(murs, planchers et façades), posés sur des fondations indépendantes de celles de la Halle, et ” glissés ” derrière les poteaux de support de la couverture des sheds, en toute indépendance. Ces bâtiments sont très compacts, limitant ainsi les déperditions énergétiques. Leurs murs d’une épaisseur de 47 cm, sont isolés de sorte à supprimer les besoins de chauffage lorsque les bâtiments sont occupés, et à apporter un confort important en été.
3. Le jardin. Entre la halle et les voies de chemin de fer, les jardins de Pajol s’étirent du nord au sud, dans la plus grande dimension du site. Un long jardin ferroviaire dessine un parcours continu : couvert sous la Halle Pajol, ouvert plus au nord. Cet espace linéaire s’organise en lanières successives, en coulisses végétales.
Une fois de plus, la Ville et l’architecte ont eu comme préoccupation principale la conception écologique du projet et le pari est réussi avec principalement un ouvrage à énergie positive, une flexibilité des bâtiments, gestion des ressources naturelles, préservation de la biodiversité, utilisation maximale de la lumière, communication et pédagogie.

C’est beau, c’est intelligent et en plus c’est harmonieux. Et la force de ces projets, c’est la force de son Maître d’œuvre lié à un Maître d’Ouvrage qui lui aussi s’engage. Et une bonne dose d’optimisme.