Le toit végétal, une nouveauté ? Pas du tout, les habitants de Babylone, célèbre pour ses jardins, en connaissaient les avantages. Plus proches de nous, les habitants du Nord de l’Europe, Allemands, Belges, Hollandais utilisent cette technique depuis vingt-cinq ans. Outre ses qualités esthétiques, la toiture végétalisée est une solution écologique qui favorise le retour de la biodiversité dans un paysage urbain. « Cette biodiversité est essentielle, explique Philippe Peiger directeur de la société Jade à Aubergenville (Yvelines), on sait d’ailleurs qu’on travaille mieux dans un espace de bureaux entouré d’espaces verts qu’au milieu du béton. » Eh oui, l’a-t-on oublié, l’homme a besoin de nature pour vivre en équilibre !
Non seulement, la toiture végétalisée renforce le biotope, elle est esthétique, mais elle apporte une isolation thermique et sonore très performante. « L’isolation thermique fonctionne bien en hiver et encore mieux en été », explique le paysagiste. En effet, le phénomène d’évapotranspiration provoque un rafraîchissement et un assainissement de l’air ambiant autour de la construction. A souligner, le végétal empêche aussi les fortes variations de température sur le toit, a contrario un toit classique fonctionne comme un îlot thermique du fait du fort rayonnement. D’autres avantages : la végétalisation permet d’allonger la durée de vie des toitures, limite les inondations par le ralentissement des pluies d’orage et présente aussi une très bonne résistance au feu.
Déjà reconnu, le paysagiste d’Aubergenville participe à des réflexions au sein de l’Union nationale des entrepreneurs du paysage (UNEP) tant pour ramener de la biodiversité dans les villes mais aussi dans les campagnes qui s’urbanisent. «Pourquoi ne pas couvrir de végétaux les hangars des campagnes ? », s’interroge Philippe Peiger. « La philosophie est bien de restituer de la végétation que l’on a enlevée au sol… » Le seul producteur en région parisienne Le paysagiste produit ses propres plants, des espèces nanifiées et soigneusement sélectionnées sous serre pour les mciroc-mottes (plantées directement sur la toiture) ou en culture ouverte pour les tapis végétaux (rouleau ou dalles de 1m2 pré-végétalisé). Il est d’ailleurs le seul installateur de toiture végétale en région parisienne à produire ses végétaux. Ce sont principalement les sedums qu’il utilise mais « une étude du chantier peut permettre de proposer d’autres variétés : vivaces ou graminées », précise Philippe Peiger.
La végétalisation convient parfaitement aux toits en terrasse. Pour les toitures inclinées, la limite de l’inclinaison est de 35 °. Au-delà , la mise en oeuvre n’est pas souhaitable. Le poids du tapis est de 35kg au mètre carré, soit 55 à 60 kg au mètre carré en rétention d’eau complète. La mise en place nécessite une couche drainante (toiture terrasse plate) et un géotextile pour limiter les pertes de fines particules de substrat, des films anti-racines en dessous du complexe, une nappe d’irrigation, et une couche de substrat sous le tapis. La hauteur végétale sur la toiture peut aller de 5 centimètres à 20 centimètres. Trois hauteurs sont possibles, en extensif (5 à 15 cm), semi- intensif (15 à 30 cm) et en intensif (plus de 30 cm). L’option toit-jardin est possible sur les toits-terrasses. Jade étudie en détail chaque projet en proposant une gamme de plantes adaptées aux conditions dans lequel le revêtement de toit va s’épanouir. Bien sûr, l’exposition au soleil est préférable, une combinaison mi-ombre et soleil est possible. Quant aux coloris, la palette est large du blanc, au jaune, vers les roses et rougeâtres ou bleus.
« Nous assurons le suivi de la filière de bout en bout, et nous fournissons un service d’entretien », indique en outre Philippe Peiger. Un chantier au zoo de Thoiry Actuellement, Jade travaille sur un projet original. Il s’agit de végétaliser les maisons des ours et des lions au zoo de Thoiry à quelques dizaines de kilomètres de l’entreprise. La végétalisation, en plus de ses qualités durables, présente l’avantage de s’intégrer parfaitement dans un environnement naturel. « Cela a été, pour cette raison aussi, le choix d’une association de Castelnaut dans le Lot qui a construit une salle de gymnastique en paille et torchis au bas du château classé Monument historique. La végétalisation a convenu parfaitement à l’architecte des Bâtiments de France, parce qu’elle ne défigurait pas le paysage au pied de l’édifice », ajoute Philippe Peiger. Le maître-mot de Jade est bien «l’adaptation au milieu ».
Qui est Jade ?
Philippe Peiger est paysagiste à Aubergenville, dans les Yvelines, fort de références haut de gamme depuis 1994 (Hôtels : Le Trianon Palace, Pavillon Henri IV, Le Bristol, LVMH, Centre de jour des Francs-Bourgeois à Paris – création d’un jardin santé, Conseil général des Yvelines…). Philippe Peiger est aussi formateur chez Tecomah *, membre de l’Union des entrepreneurs du paysage (UNEP), et anime couramment des conférences à thème « Fleurissement et budget de la vile », « Entretien pour un environnement de qualité », « Taille formation des jeunes arbres ».
Il est aussi conférencier pour l’association Les Jardiniers de France. Expert dans son domaine, les espaces verts, Philippe Peiger est aussi depuis plusieurs années un spécialiste de l’installation de toitures végétalisées. Il a notamment réalisé la toiture du siège de WWF à Paris.
Pour en savoir plus : www.ecovibio.com
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