Cequami, spécialiste de la certification des maisons individuelles, a lancé cette certification afin de mieux répondre aux cahiers des charges en matière de rénovation.
Ainsi sont pris en compte le professionnalisme du maître d’oeuvre, son aptitude à adopter les meilleurs solutions en matière énergétique, en matière sanitaire et environnementale, dans la gestion et la coordination du chantier, dans le choix des solutions et des matériaux, sans bien sûr négliger l’aspect économique du projet.
Cette certification, qu’elle soit HQE ou non, permet d’obtenir une meilleure organisation du travail, une sorte de norme ISO, et surtout à terme, la maison aura une réelle valeur ajoutée puisqu’elle sera dotée des meilleurs choix, notamment en matière énergétique.
Les trois chantiers ayant obtenu la certification sont arrivés aux résultats suivants:
- En Rhône Alpes, la société Renovert a divisé par 10 la consommation d’énergie;
- En Pays de Loire, la société Satov a divisé par 3 la consommation d’énergie;
- En Franche Comté, la société Terre Neuve Energy a divisé par 5 les dépenses énergétiques.
Ces chantiers lourds prouvent, si besoin est, que cette démarche est non seulement porteuse de résultats, mais qu’un bâtiment en état de déshérence énergétique peut devenir une maison BBC, soit passer de l’âge de pierre à l’âge d’une mue salutaire en quelques mois!
La maison rénovée certifiée NF
taxe carbone
Dans sa grande générosité, le gouvernement vient de décider la suppression de la taxe carbone; ce revirement n’est pas surprenant, après la défaite des Régionales. Pourtant le gouvernement aurait pu explorer d’autres pistes pour cette taxe carbone, par exemple les flux financiers, les bonus, les plus values mobilières, les ventes d’actifs des sociétés, les stock options, les cessions de parts, en fait tout ce qui n’est pas visible sur le terrain.
De fait l’erreur de départ a été de vouloir taxer le particulier, au détriment d’exonérations multiples et variées pour les sociétés. Le projet était mauvais, jusqu’au bout. Le retirer est une sage décision, mais il ne doit pas exonérer le gouvernement d’une vraie réflexion sur une nouvelle orientation de la fiscalité, plus incitative que répressive, et dont le but serait de favoriser ceux qui s’engagent dans la voie du changement climatique!
A ce sujet je voudrais vous encourager à lire l’article de Mr JANCOVICI dans les Echos du 24 mars qui nous illumine de son intelligence sur le coût différé de nos tergiversations qui ne sont que le fait de décideurs aux idées courtes.
Ecobat, le salon de toutes les trouvailles
La première impression dominante, c’est un air de campagne, pas celle des régionales, l’autre la vraie, qui sent bon le foin et la badiane et le bois en train de craquer dans l’âtre! Et puis on s’approche des stands et là une deuxième impression, en fait Ecobat c’est un mini salon de l’Agriculture, mais sans les vaches et les insultes!
Pas de Président ni d’anciens chefs de gouvernement ici, pas de croupes à caresser, juste des bottes de paille, des briques, du compost, du chanvre, de l’ouate de cellulose, de la laine, sans verre, et des peintures et des panneaux et des puits canadiens et des matériaux plus étonnants encore.
Un regret, ce salon est maigre, comme si ces pionniers restaient des pionniers et que ces nouvelles anciennes technologies restaient anecdotiques, encore marginales, malgré leur intérêt majeur.
Un immeuble passif très actif
La Clairière (suite et fin)
A Bétheny, proche banlieue de Reims, a été inauguré en grandes pompes le 1er bâtiment social PassivHauss. Ce bâtiment, construit à côté d’un très bel éco quartier conçu dès 2000, nommé les Aquarelles, et labellisé HQE, a été commandé par le Foyer Rémois, organisme social qui gère 17 000 logements, dont 12 000 sur Reims, soit 40% du parc social.
Le Foyer Rémois a donc un fort engagement social et une politique volontariste en matière environnementale et collective. La Clairière traduit parfaitement ce souci en privilégiant (un peu trop) la qualité thermique du bâtiment pour arriver à décrocher le la bel PassivHauss, soit 15 kWh/m²/an.
Cette performance est le fruit d’un long chantier (20 mois pour 13 logements) et aussi de la participation de plusieurs « expertises » qui ont permis d’arriver à ce résultat. Notamment EDF, BASF, Luwoge pour la partie thermique, Placoplatre, Aldes pour la VMC et le puits canadien, l’ARCAD /PQE qui intervient régionalement pour l’aide à la conception, sans oublier l’ADEME, La CDC et ASTRIA.
Autre particularité, l’immeuble est isolé par l’extérieur grâce à Cellomur Ultra de Placo associé à BASF avec ces plaques de billes de Néopor de BASF.
On le voit ce chantier a mobilisé beaucoup d’énergies (en amont) pour arriver à son terme. Est-ce que tous ces efforts seront récompensés et que donnera le bâtiment à l’usage ? Une équipe suivra justement les locataires dans leur adaptation à cet immeuble nouvelle génération.
Un regret quand même, l’esthétique du bâtiment est peu convaincante et sa façade vitrée plein sud risque à terme d’être un peu encombrante l’été. Il est dommage que les intérieurs soient si carrés et que l’imagination soit plus technologique qu’artistique !
Un ours blanc en Vendée
Ursa, un des grands de l’isolation thermique en laine de verre, n’en finit pas de prendre des parts de marché grâce à Pure One; cette laine de verre s’impose grâce notamment à la facilité de sa pose et à sa douceur, ce qui n’est pas une qualité fréquente chez les autres. De plus elle ne contient pas de formaldéhyde (très volatil et très nocif) et en plus elle contient un liant aqueux; tout cela pour dire que cette laine de verre a des vertus qui finalement font de l’ombre aux isolants naturels pour deux raisons: la laine de verre demande moins d’épaisseur et surtout bien souvent les liants utilisés dans les isolants végétaux ne sont pas toujours très… naturels. Dans la maison visitée, à Vix, en Vendée, cette maison BBC faite de briques et de parpaings et de laine de verre bénéficie également d’un chauffe eau solaire, d’une PAC Atlantic air eau et d’un sol chauffant; sa performance, contrôlée par un thermicien, devrait se situer en dessous de 50kWh/m²/an.
Un bel exercice de performance énergétique qui ne nuit pas à la qualité de l’ouvrage.