Issy les Moulineaux n’en finit pas de se verdir, comme si la ville d’André Santini voulait devenir un modèle d’urbanisation; l’éco-quartier des Berges de Seine, construit sur les ruines de l’ancienne usine d’incinération de la ville, dont la grande cheminée de la “Tiru” a été détruite ce dimanche à l’aide d’explosifs. Cette opération est emblématique de la mutation de la société française dont le processus de désindustrialisation s”accélère, même si dans ce cas précis, l’usine qui datait de 1903, a été remplacé sur les quais de Seine par Isséane, plus moderne et mieux intégrée.
Le nouveau quartier, déjà entamé depuis 2007, se veut exemplaire notamment en matière de performance énergétique, d’espaces verts et d’équipements collectifs et en respectant le pourcentage de logements sociaux. On peut cependant regretter que ce projet d’une grande ampleur, ne soit ouvert qu’aux grands promoteurs, et par là-même, soit basé sur un souci d’efficacité économique qui exclut d’une manière systémique des promoteurs souvent beaucoup plus “créatifs”.
Une cheminée qui part en fumée
BP, une leçon et un coût pour l’avenir
Le montant de la facture de l’explosion de la plate forme aux larges des côtes américaines s’élèverait à 37 milliards de dollars. Au delà de ce chiffre impressionnant, il y a des questions que tout le monde devrait se poser et notamment les “responsables”: comment en est on arrivé là, comment BP a pu ne pas prévoir de scénario catastrophe, quels sont les dégâts réels sur la faune et la flore et finalement est ce que ces plate-formes off shore ont encore un avenir et plus largement, est-on obligé de forer et de trouver de nouvelles sources pétrolifères. Ne pourrait on pas arrêter toute forme d’exploitation et se tourner résolument vers les énergies renouvelables.
La question centrale est aujourd’hui jusqu’à quel coût environnemental peut on continuer cette exploitation des énergies fossiles et finalement pour quel profit et à quel actionnariat?
Est ce que les générations à venir devront subir les mêmes assauts de compagnies qui ne sont pas si responsables que cela devant les hommes; pourtant dans ce cas précis, ils font payer un lourd tribut à leur impéritie.
Le Fort d’Issy n’ira pas en bas
Le projet, vieux de plus de 10 ans, voit enfin le jour, mais est-ce sous son meilleur jour?
Le site est beau mais éloigné, il est historique mais un peu pesant, et le projet devait s’inscrire dans cette histoire ou ne pas exister. Seuls quatre grands promoteurs ont été retenus, ils n’ont pas cassé les codes, les projets sont sérieux mais un peu trop. Les commercialisations vont bon train, Issy les Moulineaux séduit, mais à quel prix, 6 200 € le m². Il s’agit d’un éco quartier, terme générique qui définit une opération typique des nouvelles orientations dans le bâtiment, mais à part la collecte des déchets, et un verger de 4 hectares, du classique, très classique.
Seule ombre (visible) au tableau: la desserte, la ville d’en bas a refusé un téléphérique. Qui a raison, ceux d’en bas, ils n’avaient pas besoin de ça; qui a tort les mêmes, une ville c’est un ensemble et chaque quartier doit être relié à un autre, cela s’appelle le lien social; internet ne peut pas tout régler.
le Grenelle 2 suite et (mauvaise) fin
Le Grenelle 2 a été voté par le parlement après moult débats. Pour le logement, les dispositifs ont été renforcés, pourtant rien n ‘a été fait réellement qui aurait pu faire de la France un pays exemplaire, même si le bâtiment vert reste privilégié pour ce qui est de la loi Scellier notamment.
Le gouvernement aurait pu se montrer plus hardi en matière de PLU, de fiscalité verte sur l’ancien, d’incitations fiscales sur la rénovation, de modification des règles d’urbanisme, de plus d’intervention pour faciliter certains projets, de :mettre en place un e vraie politique fiscale verte.
Mais la remise en cause de l’obligation environnementale à travers certaines déclarations et toujours une politique industrielle favorable au gaz et au nucléaire mettent la France dans une position difficile où dominent ces pouvoirs tentaculaires. La politique énergétique de la France a ses limites, celle des intérêts particuliers au détriment du plus grand nombre.
Les experts de la FNAIM et le Grenelle
A la question de savoir si un logement vert ou un hôtel vert ou un bureau vert sont les meilleures réponses à une demande qui a des exigences diverse et variées, la réponse est variable selon les secteurs, les villes, les besoins. Et il est clair que pour certains la nouvelle réglementation a un goût amer, notamment dans le domaine de l’hôtellerie où la nouvelle réglementation handicapés conjuguée aux exigences du Grenelle vont obliger certains établissements à fermer leurs portes ou à gagner du temps.
Pour l’habitation, qui est plus notre champ d’intervention, les choses sont plus complexes. Dans le neuf, le rythme s’accélère et la RT 2012 se profile; pour l’ancien, les réponses sont moins simples, car le marché reste le marché, et les lois fondamentales restent les mêmes. Cependant, à terme et si la crise énergétique et la parité euro/dollar s’inverse, le marché effectuera une mue plus violente, car les consommateurs découvriront à leur détriment le coût des énergies fossiles et donc leur incidence sur leur train de vie. Tout passe par le portefeuille.
Promogim occupe le terrain
Le promoteur bien connu pour la qualité de ses logements et le franc parler de son dirigeant présentait les grandes orientations de son groupe pour 2010 et les années à venir. Le constat est clair, le marché a redémarré, les clients sont là, plus exigeants, la demande pour du BBC est forte et d’ailleurs le groupe ne fera plus que du BBC, mais cela a un coût, qui aujourd’hui est pris en charge par le PTZ, les aides locales, le Pass Foncier et autres dispositifs.
Dans ce tableau réjouissant, quelques ombres, la lenteur administrative et la multiplication de contraintes, et aussi la possibilité de la remise en cause des aides et des niches fiscales, notamment avec le dispositif Scellier qui représente 50% des commercialisations.
Un avenir sous contrôle!
Une maison BBC fait la foire de Paris
Extérieurement, rien ne la distingue, si ce n’est sa présence à la Foire; intérieurement, c’est une autre affaire, cette maison familiale, oeuvre de la société Maisons Pierre, a des performances notamment énergétiques tout à fait convaincantes, elle affiche 50 kWh/m²/an au compteur grâce à une chaudière à gaz à condensation, un chauffe eau solaire, une isolation avec un bardage extérieur, un triple vitrage, une VMC double flux.
Et tout ça pour 1050 euros le m². Et en plus la maison s’appelle “idylle”. Un rêve.